bard

bard [ bar ] n. m.
beart 1239; baiart fin XIIe; o. controversée, p.-ê. de l'a. fr. baer, beer, bayer ou a. fr. bail « poutre »
Grande civière à claire-voie pour le transport à bras des fardeaux. « Des femmes passèrent dans la cour avec un bard d'où dégouttelait du linge » (Flaubert). ⊗ HOM. Bar, barre.

bard
n. m. Civière pour le transport des matériaux.

⇒BARD, subst. masc.
A.— Civière sans pied parfois à claire-voie qui sert au transport à bras. Des femmes passèrent dans la cour avec un bard d'où dégouttelait du linge (FLAUBERT, Trois contes, Un Cœur simple, 1877, p. 108).
En partic.
1. HORTIC. Civière, avec coffre au milieu pour transporter la terre, les engrais, les fleurs, etc.
2. MAÇONN. Civière à bras ou glissant sur rouleaux qui sert au transport des pierres.
B.— Chariot bas à deux roues que l'on pousse, utilisé sur les chantiers pour le transport de grosses charges (blocs de pierre, etc.). Cf. bardage.
Prononc. et Orth. :[]. Les dict. mod. enregistrent uniquement la forme bard. QUILLET 1965 indique que le mot est une contraction de beard, bayart et il renvoie à ce mot (cf. aussi ROB.). Bard dans Ac. 1798-1878 ainsi que dans BESCH. 1845, LITTRÉ, GUÉRIN 1892, DG. Ac. Compl. 1842 consacre à la forme bar une vedette de renvoi à bard (cf. aussi BESCH. 1845, GUÉRIN 1892, DG, Pt Lar. 1906 et Lar. 20e). Cf. encore LITTRÉ qui ajoute s.v. bard : ,,on trouve dans des dictionnaires bar sans d; c'est la vraie orthographe, comme le montre l'italien barella, civière; de l'allemand bahre, civière``. À comparer avec DG, s.v. bard : ,,Contraction de beard, autre forme de bayart (v. ce mot). Les mots dérivés barder, bardeur, etc., montrent que le d est primitif et que le rapprochement avec l'allem. bahre, civière, est sans fondement.`` Lar. 19e enregistre d'une part bar ou bard, d'autre part bard, en précisant : ,,on dit aussi bayard`` et pour le terme qui désigne un chariot : ,,on lui donne aussi le nom de diable``. Nouv. Lar. ill., Pt Lar. 1906 (cf. aussi Lar. 20e) admettent bar ou bard avec la mention : ,,on dit aussi bayart ou bayard``. Homon. : bar, barre. Étymol. et Hist. A. Baiart, bayard, boyart. Fin XIIe s. baiart « civière à divers usages » (Renaut de Montauban, p. 449 dans GDF. Compl., s.v. baart : Porterons la pierre a no baiart feré); 1239 boieart (Cpte de l'hôtel. Coll. des histor. de Fr., t. XXII, pp. 602-603 dans GAY, s.v. bayart), forme isolée; 1321 bayard (Fondat. de l'hôpital S. Julien de Lille, ap. Monteil, XVe s. Hist., I, note 60, ibid.), forme attestée jusqu'à Trév. 1771, supplantée par bayart dep. XVe s. dans GAY. B. Beart, bard. 1239 béart (Cpte de l'hôtel. Coll. des histor. de Fr., t. XXII, p. 602-3 dans GAY), forme encore en usage fin XIVe s., ibid.; XVIe s. bar (Compt. de dép. du chât. de Gaillon, p. 86 dans GDF. Compl.); 1752 bard (Trév.). Orig. controversée; l'hyp. d'une dér. de l'a. fr. baer, beer, bayer (bard désignant une civière à claire-voie et non en bois plein) fait difficulté du point de vue phonét., ne pouvant expliquer la forme baiart du XIIe s., la forme corresp. bayer avec yod intervocalique n'étant pas attestée av. le XIVe s. (O. Bloch dans R. Ling. rom., t. 11, pp. 323-325 explique la forme baiart à partir de baer par une altération subie par ce terme techn. en dehors des règles phonét.). L'hyp. d'un rattachement à l'a. fr. bail « poutre » (lat. bajulus), bailler « porter » (lat. bajulare) fait difficulté du point de vue phonét étant donnée l'absence de formes anc. en -ill-. L'hyp. d'un étymon gaul. bagareto- composé du gaul. bagus (à rattacher à l'i.-e. -s « bras ») et du suff. collectif gaul. -areto (Hubschmied dans Vox rom., t. 2, pp. 24-33) ne repose pas sur des bases solides; Pat. Suisse rom. signale, s.v. byerdo « chariot », mot rattaché à bard bayart par Hubschmied, que ce dernier a pour ce mot de Suisse romande abandonné son hypothèse. L'hyp. de Gamillscheg (Z. rom. Philol., t. 43, p. 557 et EWFS2) supposant une forme intermédiaire berard issue du frq. bërhard « porteur » (à rattacher au frq. bëran « porter », v. bière) fait difficulté du point de vue phonét., car ce phénomène se traduirait, semble-t-il, non par une chute du 1er r mais par sa dissimilation en -l- (cf. peregrinum > pelerin). L'hyp. de baiart, dér. de l'adj. bai par assimilation du brancard avec la monture (COR., s.v. bayarde) doit être écartée pour des motifs phonét. et sémantique. Fréq. abs. littér. :3.
BBG. — BARB. Misc. 15 1936-38, pp. 160-170; p. 185. — BLOCH (O.). Notes étymol. et lex. R. Ling. rom. 1935, t. 11, pp. 323-325. — DAUZAT (A.) Bard, civière, fr. dial. bayard. Fr. mod. 1940, t. 8, p. 15 — DAUZAT Ling. fr. 1946, p. 212. — HUBSCHMIED (J. U.). Frz. : brancard, bayart, bard « Bahre ». Vox. rom. 1937, t. 2, pp. 24-33. — [Cr. ROHLFS (G.). Arch. St. n. Spr. 1938, t. 173, p. 31; VENDRYES (J.). Ét. celt. 1948, t. 4, pp. 200-201].

bard [baʀ] n. m.
ÉTYM. Fin XIIe, baiart; beart, 1239; bar, XVIe; bard, 1752, in Trévoux; probablt du rad. de baier « bâiller » et béer « barres écartées ».
Grande civière à claire-voie pour le transport à bras de fardeaux ( Bardage). || Charge d'un bard. Bardée. || Charger qqch. sur un bard. 1. Barder.
0 Des femmes passèrent dans la cour avec un bard d'où dégouttelait du linge.
Flaubert, Trois contes, I, 3.
REM. On trouve aussi les formes bayard et bayart.
DÉR. Bardée, 2. bardelle, 1. barder, bardeur.
COMP. Débarder, débardeur.
HOM. Bahr, 1. bar, 2. bar, 3. bar, barre.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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